Devenir freelance en France, c'est d'abord choisir un statut juridique. Et en 2026, deux options dominent largement le paysage : la micro-entreprise (auto-entrepreneur) et la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle). Chacune a ses avantages et ses inconvénients en termes de cotisations, de fiscalité, de protection sociale et de flexibilité. Voici un comparatif complet pour vous aider à faire le bon choix.
Auto-entrepreneur : simplicité et légèreté
Le statut d'auto-entrepreneur (officiellement micro-entrepreneur) reste le choix numéro un des freelances en France, avec plus de 2,5 millions de micro-entreprises actives. Ses avantages sont nombreux :
- Création gratuite et instantanée sur le site de l'URSSAF ou du guichet unique
- Comptabilité ultra-simplifiée : pas de bilan, pas de compte de résultat, juste un livre de recettes
- Cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires : 21,1 % pour les prestations de services BNC en 2026 (en hausse par rapport à 2025)
- Franchise de TVA en dessous de 36 800 € de CA (prestations de services)
- Option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (1 % à 2,2 % du CA selon l'activité)
Les limites du statut sont toutefois réelles :
- Plafond de CA de 77 700 € pour les services (188 700 € pour la vente)
- Impossibilité de déduire les charges réelles (loyer, matériel, déplacements)
- Protection sociale limitée (indemnités journalières faibles, pas de complémentaire santé obligatoire)
- Pas de possibilité de s'associer
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SASU : protection et optimisation
La SASU est une société commerciale dont vous êtes l'unique associé et, généralement, le président. Elle offre un cadre plus structuré :
- Pas de plafond de chiffre d'affaires
- Déduction de toutes les charges réelles (loyer, matériel, repas, déplacements, formations)
- Statut d'assimilé salarié : affiliation au régime général de la Sécurité sociale, couverture maladie, retraite et prévoyance identiques à celles d'un salarié
- Rémunération flexible : choix entre salaire (charges sociales d'environ 80 %) et dividendes (flat tax de 30 %)
- Crédibilité professionnelle renforcée auprès des clients grands comptes
Les inconvénients de la SASU :
- Coût de création (environ 300 € à 500 € avec les formalités)
- Comptabilité obligatoire avec bilan et compte de résultat annuels (expert-comptable recommandé, 1 500 à 3 000 €/an)
- Charges sociales élevées sur la rémunération salariale (environ 80 % du net, soit 45 % du brut)
- Obligations déclaratives plus lourdes (TVA, IS, liasses fiscales)
Comparaison chiffrée : 50 000 € de CA
Prenons l'exemple d'un consultant facturant 50 000 € HT par an en prestations de services BNC, sans charges professionnelles significatives :
En auto-entrepreneur :
- CA : 50 000 €
- Cotisations URSSAF (21,1 %) : 10 550 €
- Impôt sur le revenu (après abattement de 34 %, base imposable 33 000 €, TMI 30 %) : environ 4 200 €
- Revenu net après impôt : environ 35 250 €
En SASU (100 % salaire) :
- CA : 50 000 €
- Charges d'exploitation (comptable, banque, etc.) : 3 000 €
- Résultat avant rémunération : 47 000 €
- Salaire brut : environ 32 000 € (charges patronales incluses)
- Salaire net avant impôt : environ 25 000 €
- Impôt sur le revenu : environ 1 700 €
- Revenu net après impôt : environ 23 300 €
La différence est significative à ce niveau de CA. Mais avec 100 000 € de CA et des charges professionnelles réelles, la SASU peut devenir plus avantageuse grâce à l'optimisation salaire/dividendes. Simulez votre situation avec notre calculateur d'impôt pour indépendants.
La protection sociale : un critère décisif
C'est souvent le facteur qui fait pencher la balance. En auto-entrepreneur, votre protection sociale est rattachée au régime des indépendants (SSI) :
- Indemnités journalières maladie : environ 6 € par jour après un an d'activité, sous conditions de CA minimum
- Retraite : acquisition de droits proportionnels aux cotisations versées, souvent très faibles
- Pas de cotisation chômage, donc pas de droit au chômage en cas d'arrêt d'activité (sauf ATI sous conditions strictes)
En SASU, en tant que président assimilé salarié :
- Indemnités journalières identiques à celles d'un salarié (50 % du salaire journalier de base)
- Cotisation retraite au régime général + retraite complémentaire Agirc-Arrco
- Pas de cotisation chômage non plus (dirigeant non éligible), mais meilleure couverture globale
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Quand basculer de l'auto-entreprise à la SASU ?
Le passage en SASU devient généralement pertinent lorsque :
- Votre CA dépasse régulièrement 50 000 à 60 000 € et vos charges réelles sont significatives
- Vous souhaitez une meilleure protection sociale (arrêt maladie, retraite)
- Vous approchez du plafond de CA de la micro-entreprise
- Vous avez besoin de récupérer la TVA sur des investissements importants
- Vos clients exigent une structure sociétaire
Le passage inverse (SASU vers auto-entrepreneur) est plus rare mais possible, notamment pour des freelances dont l'activité a ralenti et qui souhaitent réduire leurs charges fixes.
Notre recommandation
Vous débutez ou facturez moins de 40 000 € ? L'auto-entrepreneur est idéal. Simplicité maximale, charges réduites, pas de comptable à payer. Utilisez notre calculateur auto-entrepreneur pour simuler vos revenus nets.
Vous facturez plus de 60 000 € avec des charges réelles ? La SASU mérite d'être étudiée sérieusement. L'optimisation salaire/dividendes et la déduction des charges peuvent compenser le surcoût de gestion.
Vous hésitez ? Faites les deux simulations avec nos calculateurs. Notre calculateur de taux journalier freelance vous aide aussi à fixer votre tarif en fonction du revenu net souhaité, quel que soit le statut choisi.
Le bon statut est celui qui correspond à votre niveau de CA, à vos charges, à votre besoin de protection sociale et à vos projets de développement. Prenez le temps de simuler chaque scénario avant de vous décider.