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Épargne & Retraite

REER ou CÉLI : lequel choisir et quand ?

Sarder Iftekhar7 March 20269 min read
Tirelire et pièces de monnaie sur une table

Si vous avez déjà essayé de vous renseigner sur l'épargne au Canada, vous avez sûrement été bombardé par deux acronymes : REER et CÉLI. Tout le monde a une opinion sur lequel est le meilleur, et franchement, les réponses qu'on trouve en ligne sont souvent trop compliquées ou trop vagues pour être utiles.

Alors, on va simplifier tout ça. Dans ce guide, on va expliquer comment chaque compte fonctionne, quand l'un est meilleur que l'autre, et comment choisir selon votre situation personnelle. Pas de jargon financier inutile — juste des explications claires.

Le REER : votre allié pour réduire vos impôts maintenant

Le Régime enregistré d'épargne-retraite (REER) existe depuis 1957. C'est un compte d'épargne dans lequel vos cotisations sont déductibles d'impôt. En gros, chaque dollar que vous mettez dans votre REER réduit votre revenu imposable pour l'année en cours.

Voici comment ça marche concrètement. Disons que vous gagnez 70 000 $ par année et que vous cotisez 5 000 $ à votre REER. Votre revenu imposable tombe à 65 000 $. Si votre taux marginal d'imposition est de 30 %, vous allez économiser environ 1 500 $ en impôt cette année-là. C'est de l'argent que vous auriez autrement donné au gouvernement.

L'argent dans votre REER croît à l'abri de l'impôt — les intérêts, dividendes et gains en capital ne sont pas imposés tant que l'argent reste dans le compte. Le hic, c'est que quand vous retirez l'argent (habituellement à la retraite), vous payez de l'impôt sur les montants retirés, comme si c'était un revenu d'emploi.

Utilisez notre calculateur REER pour voir combien vous pourriez économiser en impôt avec vos cotisations.

Le CÉLI : votre argent pousse libre d'impôt, pour toujours

Le Compte d'épargne libre d'impôt (CÉLI) est arrivé en 2009 et c'est devenu un des outils d'épargne les plus populaires au Canada. Le concept est différent du REER : vous cotisez avec de l'argent après impôt (pas de déduction fiscale au moment de la cotisation), mais tout ce que vous gagnez dans le compte — intérêts, dividendes, gains en capital — est libre d'impôt. Et quand vous retirez votre argent, vous ne payez aucun impôt non plus.

Le plafond de cotisation annuel pour 2025 est de 7 000 $. Mais si vous n'avez jamais cotisé à un CÉLI et que vous aviez 18 ans ou plus en 2009, votre plafond cumulatif pourrait être de plus de 102 000 $. Les droits de cotisation inutilisés s'accumulent d'année en année.

Un autre avantage majeur du CÉLI : les retraits ne sont pas imposés ET ne sont pas considérés comme un revenu. Ça veut dire qu'ils n'affectent pas vos prestations gouvernementales comme la Sécurité de la vieillesse (SV) ou le Supplément de revenu garanti (SRG).

Notre calculateur CÉLI vous aide à estimer la croissance de vos investissements dans un CÉLI.

La grande question : lequel choisir ?

La réponse courte : ça dépend de votre revenu actuel et de votre revenu futur estimé. Voici la règle générale :

Choisissez le REER si :

  • Votre revenu actuel est élevé (disons plus de 55 000 $ par année)
  • Vous vous attendez à avoir un revenu plus bas à la retraite
  • Vous voulez réduire votre facture d'impôt cette année
  • Votre employeur offre un programme de cotisation équivalente (REER collectif)
  • Vous planifiez acheter votre première maison (grâce au Régime d'accession à la propriété)

Choisissez le CÉLI si :

  • Votre revenu est modeste ou moyen (moins de 55 000 $ par année)
  • Vous pensez que votre revenu sera plus élevé dans le futur
  • Vous voulez de la flexibilité — pouvoir retirer sans pénalité ni impôt
  • Vous épargnez pour un objectif à court ou moyen terme (voyage, auto, fonds d'urgence)
  • Vous êtes à la retraite et vous ne voulez pas affecter vos prestations gouvernementales

L'erreur que la plupart des gens font

Beaucoup de gens pensent que le REER est « meilleur » parce qu'on obtient un remboursement d'impôt. Mais ce remboursement, c'est pas un cadeau du gouvernement — c'est un report d'impôt. Vous allez payer l'impôt plus tard, au moment du retrait.

Si votre taux d'imposition au retrait est le même qu'au moment de la cotisation, le REER et le CÉLI donnent exactement le même résultat final. Surprenant, non ? La différence apparaît seulement si votre taux change entre les deux moments.

C'est pourquoi le REER est avantageux quand votre revenu actuel est élevé (taux d'imposition élevé maintenant) et que vous prévoyez un revenu plus bas à la retraite (taux d'imposition plus bas au retrait). Vous obtenez une déduction à un taux élevé et vous payez l'impôt à un taux bas. C'est là que la magie opère.

À l'inverse, si vous êtes au début de votre carrière et que votre salaire est encore modeste, le CÉLI est souvent le meilleur choix. Pourquoi prendre une déduction fiscale à 20 % maintenant si vous allez payer 30 % ou 40 % d'impôt au retrait parce que votre revenu aura monté ?

Et pourquoi pas les deux ?

Bonne question. Si vous avez la capacité financière, utiliser les deux comptes est la stratégie idéale. Voici une approche qui fonctionne bien pour beaucoup de Canadiens :

  • Cotisez à votre REER pour profiter de la déduction fiscale, surtout si votre revenu dépasse 55 000 $
  • Prenez le remboursement d'impôt que vous recevez et placez-le dans votre CÉLI
  • Utilisez le CÉLI comme fonds d'urgence ou pour des objectifs à court terme

De cette façon, vous maximisez à la fois la déduction fiscale immédiate et la croissance libre d'impôt à long terme.

Quelques scénarios concrets

Marie, 28 ans, gagne 45 000 $ : Marie est au début de sa carrière. Son taux d'imposition marginal est relativement bas. Le CÉLI est probablement son meilleur choix pour l'instant. Elle peut toujours transférer vers un REER plus tard quand son salaire aura augmenté.

Jean-Philippe, 42 ans, gagne 95 000 $ : Jean-Philippe est dans un palier d'imposition élevé. Chaque dollar cotisé au REER lui fait économiser environ 33 cents en impôt. Il devrait maximiser son REER et mettre le surplus dans son CÉLI. Avec notre calculateur de salaire, il peut voir exactement combien il économise.

Sylvie, 62 ans, revenus de pension de 35 000 $ : Sylvie devrait prioriser le CÉLI. À ce stade, les retraits du REER augmenteraient son revenu imposable et pourraient réduire ses prestations de la SV. Le CÉLI n'a pas cet inconvénient.

Les pièges à éviter

Ne dépassez pas vos plafonds de cotisation. L'ARC impose une pénalité de 1 % par mois sur les cotisations excédentaires. Pour le REER, votre plafond se trouve sur votre avis de cotisation. Pour le CÉLI, vous pouvez vérifier sur Mon dossier de l'ARC.

Ne retirez pas de votre REER sans planifier. Chaque retrait est ajouté à votre revenu imposable. Un gros retrait pourrait vous pousser dans un palier d'imposition plus élevé et vous faire payer beaucoup d'impôt. Si vous approchez la retraite, notre calculateur de retrait FERR peut vous aider à planifier.

Ne laissez pas votre argent dormir dans un compte d'épargne à faible rendement. Le REER et le CÉLI peuvent contenir toutes sortes de placements — actions, obligations, FNB, fonds communs. Un compte d'épargne à 2 % ne vous mènera pas loin avec l'inflation.

En résumé

Le REER et le CÉLI sont tous les deux d'excellents outils d'épargne. Le « meilleur » dépend de votre situation personnelle — votre revenu actuel, votre revenu futur anticipé, vos objectifs et votre horizon de temps. Dans le doute, commencer par le CÉLI est rarement une mauvaise idée, surtout si votre revenu est encore modeste.

Prenez quelques minutes pour jouer avec nos calculateur REER et calculateur CÉLI pour voir les chiffres qui s'appliquent à votre situation. Parfois, voir les vrais montants fait toute la différence.

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